background
4.4/6

Zartbitter

Pour élaborer le délicieux chocolat suisse, il faut du cacao que l’on importe, par exemple du Ghana. Mais comment les cultivateurs, toujours plus pauvres, peuvent-ils bénéficier des profits engendrés par le commerce florissant du cacao ?

Afin d’aller en ce sens, Yayra Glover, de nationalité suisse et ghanéenne, a décidé de retourner dans son pays d’origine en Afrique de l’Ouest : il compte aider les cultivateurs à améliorer leurs conditions de vie et à gagner en indépendance grâce à la production de cacao bio. Le film suit Yayra dans la réalisation de son projet pour lequel il est prêt à de nombreux sacrifices. Malgré les difficultés causées par les autorités ghanéennes et les problèmes de financement, Yayra persévère et finit par pouvoir effectuer sa première livraison de fèves de cacao à un chocolatier suisse.

Yayra Glover, initiateur du projet de production de cacao bio:

" J’aimerais entreprendre quelque chose contre l’exode rural au Ghana. Nous devons créer des emplois afin que les jeunes puissent rester dans les campagnes plutôt que de partir pour les villes, où ils n’ont d’autre choix que de vendre de la marchandise au bord des routes pour survivre. Il faut que les cultivateurs prennent conscience qu’ils peuvent gagner leur vie grâce au cacao. Les Européens, et tout particulièrement les Suisses, consommeront toujours du chocolat. Cela signifie que les producteurs de cacao auront toujours du travail. "

Joseph Awuku, producteur de cacao:

" J’exploite quatre plantations de cacao. Je dois reverser la moitié de mes bénéfices aux propriétaires des terrains. Avec l’argent de la culture du cacao, je peux payer les frais de scolarité de mes enfants, les dépenses courantes et les factures de médecin. "

Felix Inderbitzin, acheteur de cacao pour un fabricant suisse de chocolat:

" Nous voulons acheter du cacao de haute qualité directement aux pays producteurs. Il est important pour nous de visiter les lieux de production, afin d’être en mesure de retracer le parcours des fèves jusqu’à ceux qui les cultivent. Cela nous permet de garantir à notre clientèle qu’aucun enfant ne travaille dans les plantations où pousse le cacao que nous nous procurons. "

Le film "Zartbitter" convient bien à des projections pour les élèves dans l’enseignement secondaire en tant qu’introduction à des thématiques telles que le commerce équitable, la problématique Nord-Sud, l’immigration ou encore l’entrepreneuriat responsable. La durée du film (52 min) lui permet d’être facilement visionné dans le cadre d’un cours.

Il se prête également à une projection en famille, de même qu’à l’occasion d’événements abordant une de ces thématiques.

"Zartbitter" est un film plus approprié au petit écran qu’au cinéma.

Intéressant mais pas palpitant, sa projection n’est pas conseillée dans le cadre de grands événements ou de campagnes. Pour ce qui est du contenu, il aurait été passionnant d’apprendre en quoi la vie des cultivateurs a été changée sur le long terme (A-t-on réussi à améliorer les conditions de vie des personnes vivant dans les campagnes ? Ces efforts ont-ils contribué à réduire l’exode rural ?).

"Zartbitter" est un film suisse qui montre de manière à la fois personnelle et rationnelle comment une idée forte peut se muer en une réalisation concrète, tissant ainsi un lien étroit entre l’Afrique et la Suisse.

C’est un film agréable à regarder, intelligent, inspirant et touchant. Grâce aux interviews de différents intervenants concernés par ce commerce, ce documentaire illustre bien la complexité des interactions qui se cachent derrière la production de cacao, et le projet de Yayra Glover donne un exemple concret de la façon dont on peut améliorer la situation.

"Zartbitter" transmet des informations et énonce des faits clairs au sujet du commerce équitable, bien que peu d’exemples pratiques ne soient mentionnés dans le film. Il montre bien l’influence qu’ont les êtres humains sur la planète, et relativise certes nos connaissances actuelles sur le domaine, mais pas de manière suffisante, pas plus qu’il ne les remet en question.

Bien que le film ne soit véritablement inspirant que lors de certaines séquences, il parvient à nous communiquer beaucoup d’émotion à travers l’histoire de Yayra Glover et de son projet visionnaire. En intégrant les interventions de différents acteurs, "Zartbitter" parvient par moments à remettre la production de cacao dans une perspective mondiale. La responsabilité de chaque individu impliqué dans la chaîne de valeur est exposée de manière claire. Après avoir visionné ce film, on est plus conscient de tout ce qu’implique la production de chocolat. "Zartbitter" est une source de courage et de confiance en l’avenir.

Pour ce qui est de la réalisation, nous avons affaire à une œuvre structurée de manière claire, à la dramaturgie toutefois très uniforme. Les images ont généralement un lien pertinent avec le contenu. La bande-son et le montage sont de bonne qualité, et le cadrage satisfaisant.

Réalisation: Angela Spörri
Scénario: Angela Spörri
Production: Stella Händler, Schweizer Radio und Fernsehen
Musique: Simon Grab
 
Année: 2012
Durée: 52 min
Format de photo: 16:9
Notre recommandation d'âge: 14
Langue (audio): allemand, anglais, suisse allemand, twi, agnelle
Langue (sous-titres): allemand, français, anglais
Pays d'origine: Suisse
Lieux de tournage: Ghana
 
Droits de diffusion: Freihändler Filmproduktion ()

Tags

Sujet principal: Economie mondialisée & fairtrade
Sujets secondaires: entrepreneurs sociaux
Mentions: Ghana chocolat cacao profit Bio haricots agriculteur commerce équitable Barry Callebaut Lindt
Page(s) thématique(s): Economie mondialisée & Fairtrade

Évaluation

Évaluation globale

Contenu

Distraction

scientificité + qualité journalistique

Transfert de momentum

Photos, musique, artisanat


Organiser une projection

Films conseillés

Autres films